05/01/2011
Défaillances sanitaires : Partie II (digression non accusatoires)
(suite de Défaillances sanitaires, Partie I)
La famille Sarkozy au cœur de l’affaire ? Une fois de plus on voit un clan Sarkozy au cœur d’une influence supplémentaire. Après les rétrocommissions de Karachi, les compromissions des Bettencourts, Nicolas Sarkozy a été flasché en tant qu’avocat d’affaire de la firme Servier. Ceci est une information balancée de manière jubilatoire par Libération mais on n’oublie pas le discours que le président prononça vis-à-vis des firmes quelques mois avant l’opération « grippe A » au cours de laquelle on a vu des laborantins internationaux se gaver d’argent au point qu’ils ont du l’utiliser parfois en achetant des boites de générique car le flot financier était devenu presque gabgique. «Certains ne savaient plus quoi faire de cet argent » avouent quelques cadres de firmes variées… Mais au dela de l’action de Sarkozy vis-à-vis de firmes pharmaceutiques, on peut aussi relever l’affaire de famille que consitue les vannes du marché des médicaments pour le clan Sarkozy. Voilà l’extrait d’un discours de Sarkozy à l’encontre de Servier « En tant qu’entrepreneur, vous critiquez l’empilement des mesures, des normes, des structures et vous avez raison ». Le Canard Enchainé de cette semaine balance à ce sujet « le labo a eu beaucoup d’embuches : seulement trente trois ans qu’il faisait gober son Mediator par pelletées »
Comment le clan Sarkozy peut faire connaitre ses désirs à la « populace pharma » ? Plus confidentiellement, on sait que François Sarkozy est aujourd’hui à la direction d’AEC Partners dont la grande spécialité est une forme de consulting très orienté. Parmis les grands clients de cette société, le Leem (Anciennement appelé SNIP pour syndicat de l’industrie pharmaceutique) est visible sur le site de cette société. Rien d’illégal mais disons qu’au minimum il s’agit une faute de gout de meler activité de consulting et proximité présidentielle. On peut donc comprendre comment l’affaire Médiator requiert la plus « grande transparence » pour le chef de l’état. Mais alors que tout bon journaliste d’investigation s’arreterait après avoir revu ces informations qui montrent des liens ambigus et connus entre présidence et firmes, il faut creuser un peu plus…
Le fillon « François Sarkozy » reste interessant car il permet de remonter les traces pour notre chasse. Ainsi « François S » a été un des directeurs ou membre du comité d’évaluation de Paris Biotech Santé. Dès 2005 selon la rédaction du Post.fr, FS est à l’évaluation ou direction de cette structure qui est au cœur de beaucoup de fantasmes. Ainsi et pour cause, lors de l’affaire de l’Arche de Zoe, cette structure a du se défendre contre des accusations qui me paraissent assez peu probables, melant test de produits médicamenteux sur des gamins en Afrique. Un membre de cette structure semi-privé a eu le malheur de soutenir par hasard l’Arche de Zoe mais « à titre personnel » (cette personne étant d’ailleurs la fille d’un haut responsable d’une structure de l’évaluation de la recherche en France).
Plus préoccupant c’est cette présence de François Sarkozy a cette époque dans Paris Biotech Santé et donc surement un lien qui a pu perdurer de manière informelle (ceci reste à prouver mais classique dans ce genre de milieu). Au cœur de cette belle machine de Biotech, on voit une concentration de personnes plus ou moins connues. On imagine déjà le fonctionnement de cette boite qui forcément voit des réunions de son conseil d’administration et surtout de son organigramme d’évaluation. Au cœur de ce dispositif, on voit des formes de « relation contre-nature ». Ainsi, dans l’organigramme des évaluateurs dont j’ai évidemment une copie-écran, on voit l’improbable. Des hauts fonctionnaires ou assimilés, notamment ayant représenté ou représentant l’Agence du Médicament française ou l’Agence Européenne au milieu d’une pléthore de responsable des firmes. Parmis lesquelles Servier, Sanofi... Ce qui est problématique c’est justement que cette structure peut permettre une forme de discussion transversale hors canaux habituels d’information et hors institution. Car pour Médiator, on imagine mal des responsables de l’Agence recevoir à titre officiel, en tete à tete ou en petit comité des membres de Servier sans avoir à faire un rapport nottifié. Certains ironiseront en pastichant l’idée, « c’est un peu comme si les mafieux calabrais rencontraient les juges de Palerme dans une association destinée à la réinsertion des jeunes délinquants… qui le permettrait ? »… Dans cette Paris Biotech Santé, on comprend mal que des pontes de l’évaluation des médicaments, plus spécialiste en dépôt d’AMM plus qu’en recherche et prespectives puisse avoir une moindre crédibilité sur les biotech et les médicaments d’avenir… Le probleme de cette instance est posé. J’espere qu’il y a des réponses convainquantes à ce mélange des genres dont est spécialisée la Sarkozye.
Je ne peux imaginer que la structure Paris Biotech Santé au vu de son organigramme soit un lieu idéal qui permet des échanges. Mais c’est génant. Certes, cette hybride peu utile pour la science et la recherche ou la santé peut se défendre de tout aspect concernant des échanges scabreux entre privé et Etat mais elle rend possible des passages d’informations, des éléments de discussions ou permet de rendre possible des accords tacites ou informels qui peuvent expliquer une porosité décisionnelle. Ainsi, quand on voit le mélange détonnant de ces organigrammes, des membres de l’Agence du Médicament, de l’EMEA, de Servier, des firmes… pour parler biotech officiellement… mais voilà, on sait que ce genre de rencontre multilatérale est impossible dans les agences… donc voilà… comment on peut avoir des doutes sur la légitimité de cette structure une fois qu’on voit un scandale comme Médiator. Encore une fois, une distance est nécessaire et légitime entre privé et évaluation. Cette structure rompt cette distance. Sur ce point donc, on voit une ancienne éminence grise de l’Afssaps, un conseiller spécial du directeur de l’Agence du Médicament être « évaluateur » de cette association… rappelons aussi que grand khan de l’Agence fait parti de cette structure et selon Formindep il a été depuis son départ actif pour Whyest (une firme).
Sans revenir à un colbertisme forcené et un jacobinisme réactionnaire, il serait bon de rompre ces liaisons dangereuses qui mêlent informellement agents de l’état, managers du privé et politiciens… rappelons qu’au milieu de ces gens, une diva égarée s’affiche, il s’agit d’Axel Khan dont le passé pro-firme a toujours été connu. Il est surement au sein de cette structure comme une potiche qui permet une crédibilité externe et rien d’autre. Mais dommage qu’il ne voit pas le risque de cette alchimie humaine malheureuse.
L’essentiel de mon propos consiste donc en une critique de l’organigramme qui permet à des représentants de l’Etat, des membres actifs de firmes de se voir sur un terrain neutre pour échanger. Leur background global est bien en dessous du niveau de la plupart des chercheurs INSERM et CNRS qui eux sauraient parler de Biotech et de Santé. Mais voilà, la structure existe et il faut faire avec. Sa critique me semble justifiée comme vous le comprendrez. On voit donc se dessiner un clan Sarkozy, des sociétés de consulting dirigées par le frère d’un président et enfin des courroies de transmission possiblement utiles pour entériner des décisions hors cadre des agences. La théorie du complot est probablement pas à soulever mais des échanges malencontreux sont possibles par ce biais… et au bout du compte, il faut réfléchir à éviter des futurs Médiator.
Ainsi pour conclure avec les digressions affairistes, nous voyons apparaitre ainsi. Il n’y aurait pas de scandale « Médiator », il n’y aurait aucun problème. Mais voilà, 500 à 2000 morts selon les sources officielles… le double ou le triple selon des analystes qui d’ailleurs ne s’étaient pas trompé concernant la Grippe A et la pandémie grotesque de 2009. Ceci motive une forme d’inquisition des structures rendant possible les digressions ou des conflits d’intérêts.
(enfin tout cela n'est que secondaire et restera dans l'oubli du web)
19:03 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, conflits d'interets, sarkozy |
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Commentaires
Bonjour,
Vous dites: "Un membre de cette structure semi-privé a eu le malheur de soutenir par hasard l’Arche de Zoe mais « à titre personnel » (cette personne étant d’ailleurs la fille d’un haut responsable d’une structure de l’évaluation de la recherche en France)."
Soyons plus prêt de la vérité svp
Cette personne n'a pas soutenu "par hasard" l'Arche de Zoé, en fait cette association ne comporte que DEUX membres, Mr Breteau et Stéphanie Hénault, elle-même trésorière de l'Arche de Zoé.
Elle connaissait tout du projet, a participé à sa mise en place et au déroulement.
Et le plus étonnant, c'est que contrairement aux bénévoles qui eux, ne faisaient pas partie de l'Arche de Zoé et sont mis en examen dans cette affaire, Stéphanie Hénault à quand à elle, été blanchie, car "aucune charge n'a été retenue contre elle" !Comme quoi le fait de "bien fréquenter" peut aider !!!!
Et en effet, c'est un pur délire de rapprocher Paris Biotec santé de cette affaire, où tout a été dit, et surtout n'importe quoi !
Écrit par : Quebec | 06/01/2011
Le but de l'auteur est de montrer que des membres de l'Agence peuvent certains jours faire l'évaluation d'un produit de Servier ou de Sanofi ou d'autres et le lendemain faire un job fraternel avec des interlocuteurs des firmes...
rien de glorieux dans cette pratique... la mode de mélanger privé et public n'est pas bonne...
Écrit par : Black oke | 06/01/2011
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