06/01/2011

Défaillances sanitaires (Partie IV): l'ère des Wisstleblowers

Paris IV.

L’avenir d’un systéme vérolé. Viox, Célébrex, rozyglitasone, simbvastatine, acomplia, avandia… les molécules qui ont été à problèmes sont pléthoriques. Les scandales aussi. Rien à voir avec le diantalvic ou d’autre produit qu’on voudrait diaboliser comme le voudrait les tenants de la transparence bancale. Il y a d’abord ceux qui ont su porter l’affaire devant les média.

Gerard Bapt. Il est probablement un des députés les plus engagés dans le domaine de la vigilance sanitaire. Visiblement légèrement atteint d’une sciatique au vu de sa difficulté à monter des escaliers, ce député peu connu avant l’affaire Mediator est sur tous les fronts sanitaires. Dépistages des surdités chez l’enfant, biberons frelatés à coup de composés dénoncé. A lui tout seul il pourrait éditer une revue équivalente à Prescrire. Cet homme a lancé des dizaines de requêtes pour avoir une évaluation du problème mais il s’est largement heurté à des Agences qui essayaient de couvrir leur lenteur coupable. Outre cette énergie, il ne faut pas imaginer ce député comme un politique obnubilé par un seul sujet. Ceux qui peuvent récupérer ses communiqués de presse, verrons un homme de culture large. Passionné visiblement d’Orient, de géopolitique mais également sensible et humain. N’est il pas un des rares avertis à avoir lancé un CP au sujet d’une affaire sordide de barbarie US en Afghanistan. Gerard Bapt pense qu’il faut réformer le système. Il a des idées et il serait utile qu’on les suive. En ligne de mire, le mélange des genres, les conflits d’intérêts et donc il est aux antipodes de la bonhommie agressive et lâche de Xavier Bertrand.

 

Irene Franchon. Les journalistes qui ont pu la rencontrer sont tous à l’unisson. Quelqu’un honnete, franc et qui cherche la vérité. Elle a un physique charmeur qui est marqué par un regard très vif qui montre une pugnacité opiniâtre. Son combat a commencé il y a longtemps et c’est par son énergie ainsi que grâce à d’autres jalons que l’affaire est sortie. Je pense au Pr Monstastruc qui a le mérité d’avoir publié un article incontournable en 2006 sur le cas d’une valvulopathie qui aurait du causer l’arrêt du Médiator mais qui visiblement n’a pas été suivi par un establishment sourd. Frachon est donc un des éléments forts de l’édifice d’alerte qui s’est levé tardivement. Il est d’ailleurs dommage que nos dispositifs aient plus privilégié les méandres des commissions sanitaires plutôt que l’avis au final très réaliste de cette personne. Aussi, dans un système totalement dévoyé, il serait bon de voir à l’avenir des gens de sa trempe.

Transparence ou vérité ? Alors que l’Elysée s’évertue à vouloir une transparence totale. Belle formule qui vise à supprimer toute vérité sur les défaillances lourdes d’un système vérolé. Il faut revenir sur le problème de médiator. Un produit a été mis sur le marché en 1975. Il a été maintes fois remis en cause. Alors que les coupes faims étaient viré du marché vers 1998, une miraculeuse suggestion d’une indication concernant le diabète a brouillé les cartes. Mediator est donc resté sur le marché. Lorsque des pays européens ont arrêté le produit que ce soit l’Italie, l’Espagne, notre France s’est entêté à produire ce médicament et à le rembourser sans que nos ministres soient informés c’est la version en tout cas transparente qui nous est servi pourrait dire le Canard Enchainé. Le produit en 2008 était reconduit sur le marché à l’unanimité comme le montre un compte rendu de la commission d’AMM. Unanimité scandaleuse car on imagine les dégats sanitaires, sociaux causés à la collectivité, aux patients et aux familles. La facture sociale est aussi inscrite dans le marbre. Ainsi une patiente victime de Mediator a pour survivre couté environ 1,3 millions d’euros à la société… le discours imprécateurs de nos ministres chassant les abus ne semble pas se fixer à ces actes délinquants de nos laboratoires. Dommage que la sécurité ne soit pas équitable pour tous. Qu’on s’acharne sur les petits dealers autant que sur les cols blancs responsables de charniers bien plus cachés serait une meilleure justice que cette transparence dont on nous rabâche les oreilles. Au bilan selon Gerard Bapt, Mediator aura couté à la Sécurité sociale de 1975 à nos jours environ 1,2 milliards d’euros… et nous ne sommes que dans la partie émergée de l’iceberg.

Les Wisstleblowers  contre les conflits d’interets ? Outre les conflits d’interets de actifs des agences, des pantouflards qui bifurquent vers des cabinets de conseils ou des sociétés écrans qui visent à proposer des sites de discussions informels, on voit que la pororisté de nos systemes d’évaluation devient burlesque. Ayant plus l’air d’une auberge espagnole qui vit sur le dos des comptes sociaux et des patients, nos agences hexagonales et européennes soufrent de pratiques visiblement très ancrées dans des corps de metier. L’argent ne semble pas le simple moteur de la corruption. Les motivations sont plus diversifiées et sont visiblement poussées par des apétits de pouvoirs ou de notoriétés. Ainsi, pour enrayer ces mode de compromission complexe, il faut réfléchir à un dispositif d’alerte. En ce sens, les modes d’alerte et de témoignage qui existent pour des problemes de traffics de stupéfiant ou d’armes. Les Wisstleblowers à l’Américaine auraient pu éviter le phénomène Médiator mais en France aujourd’hui un lanceur d’alerte serait mis au banc de la communauté de l’expertise, viré d’une agence ou agressé par un procès mené par des cabinets d’avocats prestigieux. Oui, dans le domaine du médicament, comme dans l’industrie ou les banques, la moindre resistance est limée par des reponses judiciaires lourdes. Ces structures peuvent dépenser des millions pour faire taire ceux qui selèvent et la France ne va pas défendre ces positionnements courageux et éthiques. La mise en place de protection pour les lanceurs d’alerte est un élément crucial pour l’avenir. Une réforme du système qui n’irai pas dans ce sens serait juste une supercherie légale pour laisser faire les choses jusqu’au prochain charnier sanitaire dont la France se fait la spécialité.

 

En conclusion, l’affaire Médiator est exemplaire car elle montre une lourde charge de conflits d’interets qui perdurent au sein de l’expertise et des Agences jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Elle met en lumière des pratiques qui n’ont jamais été dénoncées et ceci montre qu’il faut organiser un système de protection de lanceur d’alerte. Cette option sérieuse pourrait impliquer des journalistes, des ONG et un arsenal légal de protection de la source liée à une vérification des informations jusqu’à l’évacuation des « malfaisants ». A ce jour, la seule réponse au Médiator consiste en une éviction de ceux qui n’ont rien vu. L’ensemble de la chaine de fonctionnement qui a touché le médiator devrait être démis de fonctions à responsabilité que ce soit au niveau français qu’au niveau européen. Il n’est pas normal qu’au sein des organigrammes des agences les Numero 1 au numero 6 puissent rester en place. Ainsi que tout conseiller interne à la direction, ceci est important. Un ministre digne de ce nom aurait déjà exigé d’avoir les lettres de démission de ces "incompétents volontaires". Nous verrons à l’avenir si dans les organigrammes les choses explosent ou restent en l’état.

 

http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/4397e8547982c599be0e95413ed1094d.pdf 

http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/3ae00773882397c9bc29ad0aee2586a5.pdf

http://www.hcsp.fr/docspdf/docext/dadpi2009.pdf

http://www.prescrire.org/editoriaux/EDI27581.pdf

www.afssaps.fr/content/download/30434/401641/version/1/.../DPI2009.pdf

http://www.gerardbapt.info/index.php?option=com_content&task=view&id=444&Itemid=1

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://socialwaves.blog.youphil.com/trackback/524

Les commentaires sont fermés.