01/03/2011

Condamnation abracadabrantesque de Jeudi-Noir

Histoire. 69 Rue de Sèvre, un immeuble laissé à l’abandon pendant des années par une retraitée. Les militants de Jeudi-Noir s’en empare. Ils font vivre les lieux, les étudiants bossent, les jeunes précaires se posent un peu dans leur parcours. Les choses par la suite se gâtent. La propriétaire n’admet pas la présence militante, la justice est saisie… les appels chassent les décisions. On arrive alors à l’ignoble… plus de 300000 euros de condamnation. Mais la Justice se veut clémente… ce sera 80666 euros à payer.

Présent. Cela fait quelques jours qu’on en parle entre nous. Les militants s’angoissaient un peu attendant la date du rendu du procès. C’est logique. Impossible de rester impassible face à un enjeu qui dépasse la seule procédure d’une propriétaire contre des squatters. Derrière se greffe une symbolique. Un immeuble de plusieurs étages libres et vide. Inoccupation malgré les propositions de promoteurs, de Mairies, d’association. L’immeuble occupé et sa vie jusqu’à une expulsion évidemment avec beaucoup de CRS. Et enfin, la condamnation… pourtant le bâtiment n’est toujours pas loué et reste vide. La porte a été murée. Et les gens passent devant la façade cette ancienne pharmacie… Une propriétaire âgée, plutôt bornée… oui, tout est là.

80666 euros… Une justice devenue aveugle. D’un coté elle permet un pacte Delanoe-Chirac sur des consultants « travaillant » et de l’autre on détruit la vie de précaire, d’étudiants et de pauvres qui ont voulu juste montrer des aberrations. Oui, c’est encore le social qu’on tue et les apparences qu’on veut conserver. C’est plus encore, une jeunesse qu’on brise et qui mettra 30 ans à rembourser ce montant exorbitant. Pourtant, la propriétaire était encore issue d’une famille très riche et avait pris le partis de ne rien faire de sa propriété. Oui, c’est ainsi. La justice considère que ce sont les mêmes qui doivent avoir une retraite et des accès aux soins et aux commodités alors que les plus jeunes doivent vivre une vie galérienne. Curieuse philosophie que celle de notre société malade.

Morale de l’histoire. Il n’y en a pas. Chirac et Delanoe sont amis, les propriétaires peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leur bien acquis sera vide. La jeunesse ne s’immole pas encore dans une réprobation légitime.

 

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