29/09/2011

Quand l'électronique sauve des vies...

Aujourd’hui le système de santé et la sécurité sociale sont désarmés face à la montée des cas d’infarctus et d’attaque cérébrale. Le choc pour les familles à la suite des accidents est multiple. Du décès à l’invalidité en passant par de lentes convalescences. Toute une série de jalons se voit concernés par le fléau des maladies cardiovasculaires. Une étude récente (Kaz Europe) a montré que 68% des Français ne surveillaient pas leur tension. Surprenant alors que tout peut se jouer là. Une tension qui est vérifiée, connue et suivie, peut-être même quotidiennement… cela peut permettre de déjouer le pire. 68% des Français passent donc à côté de leur tension. Chiffre effarant sachant que notre pays est exposé au surpoids, aux rondeurs, aux syndromes métaboliques, au diabète, à l’alcool… l’ensemble des facteurs de risque s’accumulant évidemment lors des tranches d’âges particulières qui touchent les hommes de plus de 40 ans… même si on dit que les soucis sont détectables dès 35 ans.Braun_BPW4300_High Res.JPG

Quelle stratégie mener ? Imaginons déjà le coût des dégâts d’un infarctus ou d’un AVC ou d’une alerte. Coût familial souvent peu estimé par les statistiques, coût social, coût médical… tout cela comment l’éviter ? Cela va jusqu’au coût de la consultation de base chez le médecin… fatalité pour certains sûrement, mais le monde moderne a la chance de pouvoir rendre fluide ce qui ne l’était pas il y a quelques années. La technique peut venir en aide à la santé de chacun. Il ne faut pas être sorti de polytechnique pour comprendre souvent ce qui peut s’apparenter à un gadget et qui peut vraiment servir de détecteur de signes. Là, ou la France peut vraiment arriver à supprimer des risques c’est pas la mesure quasi quotidienne de la tension des Français. Pour cela, il existe beaucoup de tensiomètres. Évidemment, il faut sortir de l’image d’Épinal du français tendant son bras pour enfiler un brassard et subir un stéthoscope tout froid sur sa peau… il faut passer à des instruments précis de mesure de la tension… un peu comme le diabétique peut évaluer son taux de sucre tout les jours. En fait, il existe déjà une large gamme de tensiomètres. On a les produits dérivés pas cher et donc inutile car construit par des chaînes de fabrication aux confins de la Chine. Il y a aussi d’autres produits vraiment performants. Le prix, indéniablement avec l’ouverture d’un marché comme celui de la France, il diminuera. Ce qui compte c’est la sensibilisation des Français à cette prise de tension… Je prends par exemple un appareil qu’on trouve sur le marché… le TrueScan Plus BPW 4300 (Braun)… l’intérêt c’est qu’il peut être utilisé par tous et manipulable par tous… rien de tel pour imaginer les tragédies évitées par ce simple tensiomètre à la portée de tous.

Oui, un petit gadget pas cher peut résoudre bien des soucis à nos systèmes de sécurité sociale.

INSILICO... un roman de Christine Deviers Joncour

      INSILICO... ouvrage de Christine Deviers Joncour...  un veritable livre évènement. En voici un interview qui vous fera connaitre CDJ et ce roman à dévorer en une nuit... 

 

Toujours « geek » ?

Plus que jamais. J’ai totalement renoncé aux maisons d’éditions françaises! Qui ne prennent même plus la peine de lire, ou alors sont en demande de trash et de diffamation pure et dure…

Et là, je m’y refuse !

Et puis sans doute boycottée, « blacklistée », CDJ ! En ces périodes de pré campagne présidentielles on n’a probablement pas envie de voir Deviers Joncour en remettre une couche… rires !  Mon dernier livre « La Morsure du rat » avait déjà du mal à passer !

Le livre électronique me va bien.  Je me gère seule. Le livre est moins cher. On n’use pas de papier. On le reçoit sur son écran dans la seconde. On peut l’imprimer ou le lire sur écrans ordinateurs ou tablettes iPad ou autres : l’avenir !

Un éditeur ne me prendra pas 90% de droits d’auteur. J’ai un contact direct avec les lecteurs… J’aime recevoir leurs commentaires et communiquer avec eux.

 

Parlez nous de ce nouveau roman INSILICO

Juste une précision : Le terme in silico est un terme utilisé en informatique et bio informatique.

Je crois que c’est là mon vrai premier roman.  Aucune référence à mon expérience personnelle passée, contrairement aux autres livres. Et c’est sans doute là que je me suis sentie le plus libre. Mais forte de mon expérience, de ce que j’ai vécu pendant quelques années si proche du pouvoir, il y avait des choses que je brûlais d’évoquer. Sous la forme de fiction ce fut plus facile et même assez grisant.

Dans l’histoire deux lieux se chevauchent : D’une part une ville futuriste, inhumaine et expérimentale très cruelle pour les citoyens et de l’autre, le pays des rêves pour survivre pour inventer une autre vie possible dans une sorte de réel imaginaire.

Et tout au long de l’histoire on peut se demander où est le réel et où est l’imaginaire ? La plus parfaite illusion d’un monde vaut la réalité mais à la condition d’en ignorer la nature…  Entre ces deux mondes un homme et une femme vont s’aimer et souffrir aussi.

Voyez ce que nous vivons au quotidien : les libertés sont grignotées chaque jour davantage, les interdictions en rafale. Le peuple devient du bétail manipulé, sans bientôt plus aucun libre arbitre. La crise, le chômage et tout ce qui en découle. Les angoisses et la tristesse, la peur du lendemain et d’un futur sombre.s

Que nous reste-t-il ? Rêver ? Oui sans doute. Là on ne peut nous le prendre, ni le taxer, ni nous l’interdire !. Et c’est gratuit !

Chimère, utopie ?  Gérard de Nerval disait  « Le rêve est une seconde vie …» Pourquoi pas ? Que risquons-nous ? Et souvent les rêves deviennent réalité…

Dans tous les cas,  c’est là quelque chose d’insondable qui imprègne toutes choses de sublime. Et quelquefois ce qui est de l’ordre du sublime devient visible.

 

Rêvez-vous  souvent?

J’ai appris pour ne pas sombrer. Et depuis j’ai vécu des choses si douloureuses et cruelles pendant quatorze années, que j’ai fini par me construire une bulle pour survivre et me protéger. Là, sont mes rêves. Le monde tel que je voudrais qu’il soit. L’écriture participe de ce processus. Dans INSILICO j’ai mis ma souffrance, ma rage devant l’injustice et l’inhumanité de la part d’une caste, le manque de respect vis à vis des peuples pris en otage et de notre planète souillée.

Vous dépeignez là une ville Insilico tout à fait monstrueuse où l’humain n’a pas sa place…  Seriez-vous toujours guerrière ? Ce livre ne serait-il pas un peu révolutionnaire ?

A travers cette fiction, si vous êtes un peu perspicace, vous découvrirez que je ne suis pas si loin de la réalité aujourd’hui! Rien de ce que j’avance n’est au hasard. Loin de la science-fiction bien que cela pourrait y ressembler un peu. Lisez entre les lignes.

Mais je parle aussi d’amour et de la magie de la vie et je garde espoir. Si l’humanité est entre les mains d’ogres qui l’entrainent à sa perte, je suis certaine qu’un jour l’homme réussira à bâtir un monde plus juste, plus humain  et plus digne  avec des valeurs (autres que la course au fric et au pouvoir).. qui permettront enfin de vivre ensemble en bonne harmonie et  contribueront à la paix.

http://www.christinedeviersjoncour.com/#!boutique-livres

25/09/2011

Mosaic, le mouvement pour la diversité républicaine

 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/196412;la-divers...

Le mouvement Mosaic a traversé la France depuis le début de l’année. Toulouse, Montpelier, Marseille, Nice, Saint-Denis, Paris… 20000 jeunes ont participé en quelques mois à un mouvement de fond au leitmotiv « je vote donc je suis ». Déclaration d’intention de vote, de parcours républicain. Engagement de servir la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Le point d’orgue de cette opération de sensibilisation s’est déroulé le samedi 24 septembre. 1500 jeunes des banlieues, des quartiers ont remonté l’avenue des champs Élysée. Une fanfare militaire accompagnant ces citoyens de demain. On voyait des petits hauts comme trois pommes, des jeunes enthousiastes et rassurés de leur appartenance totale à une France républicaine. Mosaic et l’Institut Robert Schuman ainsi que quelques membres actifs de la cause européenne se trouvaient à l’Arc de Triomphe. On sentait une vraie émotion parmi tous ces professionnels des causes. Solennité, événement important. Face à ces jeunes de toutes couleurs, de toutes confessions, avec ou sans voile, avec ou sans diplômes, avec ou sans travail, une vraie volonté partagée aux abords de la flamme du soldat inconnu. Dans cet espace-temps, l’instant s’est arrêté. Ces jeunes ont entonné une Marseillaise sous l’œil ému des anciens combattants. Ces jeunes ont applaudi la fanfare pour la remercier de jouer si bien… fanfare amusée de cette spontanéité rafraîchissante et peu protocolaire…

 

Évidemment, les symboles se sont mélangés, malaxés et fusionnés pour conduire à ces instants forts et pleins de sens. À l’heure où l’Europe dérape financièrement, ou la France est secouée par des courants populistes, un drapeau tricolore gigantesque, une Marseillaise, une flamme ravivée sont venus conforter le sens de la démarche de cette mosaïque humaine. Ceci au point que les touristes se sont même arrêtés dans leur course pour prendre le temps de goûter à cette ferveur symbolique. Oui, vers 18h00, hier soir, un monde a commencé à se compter, à se reconnaître. On a vu la France de la diversité se réunir devant les symboles républicains. On a vu Marouane Bouloudnhine (Mosaic), Maurice Rieutord (Institut Robert Schuman, IRS), Florence Gabay (IRS), Helene Duquin (CEPS), Fadela Amara vibrer face à cette ferveur très forte et très poignante...

 

suite sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/196412;la-divers...

Entre parenthèses

Submergé par le travail, je mets entre parenthèses mes activités au sein de plusieurs collectifs.

Que ce soit Génération précaire, Jeudi Noir, ou Sauvons les riches, j'ai le plaisir de voir la relève arriver.

Ceci me pousse à prendre ma retraite militante. Je suis évidemment les discussions, mais je ne serai plus

aussi actif. Place aux jeunes!

 

Il est de l’intérêt d’Israël que la Palestine soit reconnue

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4125683,00.html

Yedioth Ah’aronoth, le 22 septembre 2011

Par Frances Raday *

Traduction : Tal pour La Paix Maintenant

[« Souhaitons que la décision de Netanyahu de se rendre en personne à l’Assemblée générale des Nations unies (…) soit le signe de sa volonté d’ouvrir des négociations intensives. Une vision optimiste pourrait nous conduire à espérer que leur objet soit de soumettre à l’Assemblée générale une requête conjointe israélo-palestinienne de reconnaissance de l’État palestinien », écrivait Frances Raday ce jeudi, à la veille du dépôt par Mahmoud Abbas de la requête palestinienne.

 

Si nulle requête conjointe n’a été jusqu’ici présentée, Benyamin Netanyahu a en effet proposé une reprise des négociations, dont nous voulons croire qu’elle est sincère, sérieuse et débouchera rapidement sur la fondation d’un État palestinien au côté de l’ État d’Israël.]

 

Le gouvernement israélien nous a entraînés au fond de l’absurde, usant de toute sa force de persuasion diplomatique pour prévenir la reconnaissance d’un État palestinien, alors qu’il en va de l’intérêt stratégique d’Israël que la Palestine soit reconnue en tant qu’État.

C’est une “marche folle” [1] qui nous a conduits là : la politique d’implantations de ce gouvernement et de ceux qui l’ont précédé, ainsi que l’incapacité de Benyamin Netanyahu à entreprendre des négociations sincères avec la direction palestinienne modérée de Ma’hmoud Abbas et Salam Fayyad, à faire des concessions (comme il était prévisible) ou à geler la construction dans les zones occupées.

La reconnaissance d’un État palestinien est aussi importante pour Israël que pour les Palestiniens. Pour qu’Israël continue à fonctionner en État juif et démocratique, il lui faut promouvoir un droit symétrique à l’autodétermination pour les Palestiniens.

Tous nos Premiers ministres l’ont admis depuis la Déclaration de principes d’Oslo. Continuer à dominer la population arabe de Cisjordanie se soldera par son incorporation de facto au sein du corps politique israélien, érodant l’indispensable masse critique d’une majorité juive.

En termes de relations internationales, la reconnaissance par les Nations unies d’un État palestinien viendrait compléter, clarifier et confirmer le droit du peuple juif à son autodétermination en Israël et ferait beaucoup pour mettre fin aux accusations croissantes d’illégitimité, non seulement de la part de nations musulmanes hostiles, mais encore d’acteurs neutres et parfois amicaux.

Bien que la souveraineté d’Israël soit fondée sur son admission au statut de membre des Nations unies en 1949, son caractère d’État permettant l’accession du peuple juif à l’autodétermination ne s’est affirmé qu’avec le plan de partition de l’Assemblée générale, dont le projet était de créer un État juif au côté d’un État arabe. 

Sur cet arrière-plan historique, et compte tenu des évolutions mondiale et régionale et de la succession d’accords et résolutions qui suivirent, la position de la communauté internationale est claire : une sortie de conflit n’est envisageable que par la création de deux États et une division du territoire.

Un avantage stratégique supplémentaire pour Israël serait que la Palestine, une fois reconnue en tant qu’État, ne verrait plus sa juridiction s’étendre qu’à ceux qui y résideraient. Ce qui, jusqu’à présent, est un principe contesté : l’Autorité palestinienne est considérée comme le seul représentant du peuple palestinien et l’actuel processus de reconnaissance par l’Assemblée générale des Nations unies, dit-on, ne reflète pas complètement son rôle dans la résolution des conflits.

Contourner la charte du Hamas

La reconnaissance  par l’Assemblée générale éviterait d’avoir à trouver une solution pour la diaspora palestinienne de par le monde. Là encore la symétrie pourrait faciliter, concernant les solutions à apporter aux Palestiniens à l’étranger, une négociation rationnelle fondée sur l’immigration ou les dédommagements. Cela imposerait aussi de refaçonner l’Unwra [2], qui répertorie aujourd’hui les Palestiniens et leur descendance, toutes générations confondues, comme des “réfugiés“ – quand bien même rien d’autre ne leur donne titre à ce statut ; et permettrait de limiter les allocations de l’Unwra aux réfugiés réels, donnant l’assimilation pour impératif  aux générations à venir. 

C’est à juste titre qu’Israël s’attache à empêcher la reconnaissance du ‘Hamas par les Nations unies, mais l’on peut douter qu’une opposition pure et simple à la reconnaissance d’un État palestinien soit le meilleur moyen d’y parvenir.

L’acquisition du statut de membre des Nations unies implique la signature d’un formulaire dont l’une des clauses est l’adhésion à la charte des Nations unies ; la charte du ‘Hamas, qui appelle à l’éradication d’Israël et au meurtre de Juifs, ne saurait répondre à cette exigence.

Ainsi l’entité palestinienne signataire devrait-elle passer outre la charte du Hamas et entreprendre de faire du projet de constitution palestinienne élaboré par Abbas et Fayyad le texte fondateur de la souveraineté palestinienne.

S’en remettre à la constitution palestinienne semble conforme à l’esprit de l’accord de réconciliation entre le Fata’h et le ‘Hamas [3]. Sur ce point, Israël jouit du soutien international, comme cela a été récemment mis en évidence par la commission Palmer : instituée par le Secrétaire général pour faire un rapport sur la flotille de Gaza, elle a établi qu’Israël faisait face là à de réelles menaces pour sa sécurité.

Souhaitons que la décision de Netanyahu de se rendre en personne à l’Assemblée générale, plutôt que d’envoyer le président y faire une déclaration purement diplomatique, soit le signe de sa volonté d’ouvrir des négociations intensives. Une vision optimiste pourrait nous conduire à espérer que leur objet soit de soumettre à l’Assemblée générale une requête conjointe israélo-palestinienne de reconnaissance de l’État palestinien. 

Une telle initiative, tout en répondant aux intérêts stratégiques d’Israël, influencerait ceux des membres de la communauté internationale qui se préoccupent sincèrement du statut de la Palestine et condamnent avec vigueur la poursuite de l’occupation, mais défendent l’existence d’Israël et entendent la garantir.

 

NOTES

[1] Allusion à l’ouvrage de Barbara W. Tuchman (The March of Folly : From Troy to Vietnam, Ballantine Books, 1e éd. 1985  La Marche folle de l’histoire : De Troie au Vietnam, R. Laffont, 1992) parfois repris dans certains articles, comme celui d’Uri Misgav dans Yedioth A’haronoth le 27 septembre 2010, « La Marche folle d’Israël : les implantations », que nous avions traduit dans cette même lettre. Voir : http://www.lapaixmaintenant.org/La-marche-folle-d-Israel-les

[2] Unwra, United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient.

[3] Fin avril 2011, le Fata’h et le ‘Hamas entamèrent un processus de réconciliation sur la base d’un  « Memorandum of Understanding  – Mémorandum de rapprochement », qui aboutit le 4 août à la signature d’un accord sous l’égide de l’Égypte

21/09/2011

Muqtada Al Sadr fait un geste de paix

 

On a connu plusieurs Irak. Celui de la guerre Iran-Irak avec les prises et reprise de Bassora. Les tirs d’exocets et autres missiles vendus par les Européens. On a vu plus tard la Première Guerre du Golfe laissant sur le fil un Saddam Hussein suffisamment fort pour réprimer Kurdes et Shiites pour maintenir un état sunnite. Puis on a regardé sur nos écrans une deuxième « tempête du désert » qui devait finir par une démocratie iraquienne en quelques semaines. On se souvient de l’enlisement, des marines tués sur le triangle sunnite. Des terrifiantes patrouilles américaines sur Nadjaf et Falloudhja. Oui, notre inconscient collectif a été abreuvé de cette image, de ces infos. De ce chapelet de barbaries… rappelons ces camions d’Al Qaeda bourrés d’explosif et faisant disparaître des villages entiers par un seul clic conduisant à 300 morts ou plus. Aujourd’hui, une petite info vient de paraître comme pour tirer un trait sur cet Irak là. Muqtada Al Sadra appelé aujourd’hui à mettre fin aux attaques sur les soldats américains… Quelques réflexions sur ce point d’histoire sont à rappeler. Cela permet de mieux comprendre cette pacification.

Un personnage clef : Muqtada Al Sadr. Un turban noir sur la tête, une tunique de mollah évidemment noire. Le regard perçant, la mine un peu ronde. Sadr incarne une partie de cet Iraq qui aujourd’hui rejoint la paix. Son destin est assez hors du commun. Et cela donne encore plus de poids à cet appel à laisser partir les troupes américaines sans plus de tracas. Sadr n’avait rien pour devenir celle qui fut le personnage emblématique de cet Iraq qui renaît. Et pourtant dès 2003, à 30 ans à peine, il avait sous ses ordres plus de trente mille miliciens chiites capables de finir en martyr sur un seul mot. Cette dimension parle d’elle-même. Un religieux donc capable de faire pâlir les unités américaines les plus rodées. Évidemment, on a eu essayé de le bombarder, de l’empoisonner, de le discréditer, mais il a toujours tenu face à l’Amérique… Soufflant le chaud et le froid.

Ce qui a permis de mettre sur orbite cet homme c’est sa dynastie. Il est issu d’une des familles les plus meurtries par le régime de Saddam Hussein. Ainsi, cette famille a donné deux grands Ayatollah qui furent assassinés ou tués dans des conditions sordides. L’oncle fut par exemple kidnappé puis torturé en présence de sa sœur. Cet oncle du jeune Sadr eut dans sa fin l’horreur de voir sa sœur être violée par ses bourreaux avant qu’on ne lui plante un clou dans la tête et qu’on l’enferme ensuite dans une sorte de « sarcophage » hermétique pour finir par être exécuté au bout de quatre jours. Saddam ne fut pas tendre non plus avec le père de Sadr qui fut assassiné dans des conditions inexpliquées.

L’ensemble des hommes de cette famille de Mollah était pourchassé et seul Muqtada fut capable de s’en sortir. Sa mère comprenant les tourments des hommes de la famille et ces destins brisés alors joua de subterfuges pour faire passer Muqtada al Sadr pour fou ou attardé. Le régime alors ne vit pas le jeune homme s’éprendre de religion et de capter cet inconscient familial blessé… Au bout de cette jeune vie, le destin… la guerre en Irak, sa position de jeune Mollah que le régime avait laissé en place par pitié… et puis la fin de Saddam Hussein… Ce moment fut donc le point de ralliement pour les chiites qui virent donc en Muqtada un héritier d’une famille symbolique dans le chiisme irakien… entre Nadjaf et Falloudja.

Mais l’armée américaine vit rapidement en Muqtada al Sadr un ennemi redoutable. C’est alors que les généraux successifs se cassèrent les dents lors de campagnes de Falloudja et de Nadjaf… Impossible de déloger ce mollah astucieux et presque insaisissable. Des témoins d’ailleurs ont vu, lors de la Première Guerre de Faloudja, Sadr se battant au milieu de ses miliciens. Avec son turban, sa tunique et son RPG à la main. La suite fut simple. Les troupes US comprirent qu’il fallait compter sur cette présence et jouer sur un axe politique. Il aura fallu donc plusieurs années pour arriver à cette paix. A quelques jours du 11 septembre 2011, Muqtada Al Sadr fit le geste d’une vie. Il proclama donc cette fatwa positive, protégeant les Marines d’attentats jusqu’à leur départ.

Que de chemin parcouru ! Ce jeune homme qui fut épargné parce « débile » par Saddam Hussein a réussi à maintenir une pression militaire et politique sur la plus grande armée du monde. Force est de constater que dans cette capacité, Sadr aura puisé dans le passé familial, dans un inconscient lourd pour arriver à se maintenir. Sa force aujourd’hui est sûrement de pouvoir avoir un geste de paix.

En ce 11 septembre 2011, ce geste montre la fin d’une guerre commencée par d’autres.